
La nouvelle exposition "Banquets méditerranéens entre Grecs, Étrusques et Gaulois" sera présentée du 5 juin 2026 au 1er février 2027 au Site archéologique Lattara-musée Henri Prades de Montpellier Méditerranée Métropole.
Les pratiques alimentaires antiques, et plus spécifiquement les repas collectifs, sont un langage complexe. Le choix des aliments, des ustensiles, la mise en scène autant que les gestes rituels effectuées constituent un ensemble de codes culturels partagés. À l’occasion de ces banquets, données en l’honneur des morts et des dieux ou pour célébrer la vie, les participants adoptent des valeurs, des règles sociales et des pratiques de consommation communes.
La Méditerranée nord-occidentale, caractérisée par de fortes interactions entre Grecs, Phocéens, Étrusques et Gaulois, offre un terrain d’étude idéal pour aborder cette thématique. Au-delà d’une apparente similitude des objets se pose en effet la question de la réalité et la diversité des rites selon les contextes et les domaines culturels.
Les pratiques alimentaires, et plus spécifiquement les repas collectifs, sont un langage complexe où le choix des aliments, leur mode de préparation, leur mise en scène, l’organisation et les manières de table, les ustensiles utilisés et enfin les gestes rituels en l’honneur des divinités (et des défunts dans le cadre d’un banquet funéraire), représentent un ensemble de codes culturels qui sont "facteur d’unité , par la création d’une identité commune, et facteur de division, en tant que marqueur d’inégalité sociale". Le rite de commensalité réunit des participants qui partagent ou adoptent des valeurs, des règles sociales et des pratiques de consommation communes.
Pour aborder cette thématique, le cadre de la Méditerranée nord-occidentale offre un terrain d’étude idéal, d’une part grâce à des fouilles archéologiques récentes et toujours en cours sur des sites archéologiques pertinents et, d’autre part, grâce aux fortes interactions entre trois cultures méditerranéennes : grecque phocéenne, étrusque et gauloise. Parmi les interactions et interpénétrations culturelles ayant rapproché les sociétés étrusque, grecque et gauloise, le rite de commensalité est l’un des mieux documenté grâce aux sources matérielles retrouvées dans les habitats et les tombes : vaisselle de banquet, vases de stockage et de transport, céramique culinaire, restes biologiques de repas (archéozoologie et archéobotanique). Les témoignages archéologiques abondent de banquets collectifs caractérisés par une culture matérielle en partie commune d’origine grecque et étrusque (plats, vases à boire, à verser, à stocker, mortiers, amphores…). Selon les contextes, il s’agit de repas pour les vivants, pour les morts mais aussi pour les divinités sachant que l’on retrouve les mêmes catégories céramiques dans les sanctuaires. On mangeait et on buvait dans les sanctuaires à l’occasion des sacrifices et dans le cas des théoxénies, les dieux participaient même au festin "comme s’ils étaient des hommes". Au-delà d’une apparente similitude interprétée au filtre du modèle du symposion gréco-étrusque se pose la question de la réalité et de la diversité des rites selon les contextes archéologiques (habitat/funéraire/sanctuaire) et les domaines culturels (étrusque/grec/gaulois).
L’exposition s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre du projet de recherche GEPRICO : rites de commensalité gaulois, étrusques et phocéens (financé par l’Agence Nationale de la Recherche). Celui-ci est centré sur les rites de commensalité pour une période s’étendant du début du VIe à la fin du IVe s. av. J.-C., avec une approche comparatiste interculturelle concernant à la fois les témoignages matériels mis au jour par l’archéologie (restes organiques de repas d’origine végétale et animale, mobilier céramique) et ceux immatériels (données inédites apportées par les résultats d’analyses biochimiques et d’études polliniques de contenus). Le domaine de l’immatériel en archéologie, ce sont les senteurs et les saveurs, les matériaux et produits biologiques utilisés lors du rituel de commensalité, archéologiquement invisibles à l’œil nu.
Grecs, Étrusques et Gaulois : des peuples en contact (VIIe – VIe s. av. J.-C.)
L’ensemble de la Méditerranée nord-occidentale, entre les côtes tyrrhéniennes de la péninsule italique et le littoral méridional de la France et de l’Espagne, en passant par les principales îles, a été caractérisé par un phénomène de contact commercial et culturel majeur de l’histoire de l’Occident archaïque.
À partir des principaux ports d’Étrurie, les Étrusques entretenaient des relations commerciales maritimes avec les Grecs et les communautés indigènes qui peuplaient la côte gauloise et nord-ibérique. Les communautés autochtones de la bande littorale de cette région, en particulier celles du sud de la France, ont activement participé à ces échanges. À partir de comptoirs littoraux, grecs, étrusques et gaulois, à la fois centres d’échanges ouverts au commerce méditerranéen et interfaces susceptibles d’avoir accueilli de manière temporaire ou permanente des négociants étrangers, des phénomènes de partage et de mixité se sont ainsi produits, se développant à côté d’expressions culturelles et sociétales originaires et donc distinctes selon la culture qui les a produites.
Cette exposition s’inscrit dans le cadre du programme GEPRICO (2023-2027), lauréat de l’Agence Nationale de la Recherche.
Cette exposition est reconnue d’intérêt national par l’État (ministère de la Culture) qui lui apporte à ce titre un soutien financier exceptionnel.
Commissariat scientifique
Diane Dusseaux, conservatrice en chef du patrimoine, site archéologique Lattara – musée Henri Prades, UMR 5140 – ASM
Éric Gailledrat, directeur de recherche, CNRS, UMR 5140-ASM
Vincent Jolivet, directeur de recherche émérite, CNRS, UMR 8546-AOrOc
Federica Sacchetti, ingénieure de recherche, ministère de la Culture, UMR 7299-CCJ
Comité scientifique
Dominique Frère, professeur d’histoire et d’archéologie antiques, Université de Bretagne-Sud, UMR 9016-TEMOS
Sandrine Huber, professeure d’archéologie grecque, Université de Lille, UMR 9028-HARTIS
Commissariat général
Diane Dusseaux, conservatrice en chef du patrimoine, Site archéologique Lattara-musée Henri Prades, UMR 5140 - Archéologie des sociétés méditerranéennes
Florence Millet, chargée des expositions et de sites, Site archéologique Lattara-musée Henri Prades
PROGRAMMATION CULTURELLE
♦ Conférences (auditorium du musée | entrée libre)
• Jeudi 15 octobre 2026 à 18h30 : "Au banquet de Marce Atie. Une découverte exceptionnelle dans la nécropole étrusque de Norchia" de Vincent Jolivet.
• Jeudi 3 décembre 2026 à 18h30 : "Vigne cultivée et débuts de la viticulture en Méditerranée occidentale" de Laurent Bouby.
• Jeudi 21 janvier 2027 à 18h30 : "Le goût des autres : inscrire le banquet grec dans une démarche comparative" de Arianna Esposito.








